Découverte de gènes conservés
au cours de l’évolution gouvernant la formation des folioles
chez les dicotylédones
L’équipe
de Patrick Laufs vient d’identifier des gènes
du réseau de régulations impliqués dans
la formation des folioles au cours du développement
de la feuille. Ce travail a été publié dans
la revue Science du
19 décembre 2008 (*) en collaboration avec des chercheurs
de l’université d’Oxford.
En comparaison de la forme simple des feuilles chez les plantes monocotylédones,
souvent rubanées comme chez les graminées, il existe chez les
dicotylédones une plus grande diversité de formes. Les feuilles
de ces dernières sont fréquemment composées de folioles
en nombre plus ou moins important, trois par exemple chez le trèfle
et jusqu’à sept chez le marronnier. Les folioles se forment en
bordures de la très jeune feuille, dès le début de son
développement. Elles s’individualisent par un ralentissement de
la croissance des cellules dans les domaines frontières les séparant.
Les recherches sur le développement de la plante, initiées de
longue date dans l’équipe, ont montré que la famille de
gènes régulateurs NAM/CUC est impliquée dans
la mise en place de domaines frontières séparant les feuilles,
lors de leur initiation à l’extrémité des tiges,
chez la crucifère modèle Arabidopsis thaliana. La formation
des dents sur ses feuilles sans folioles est aussi contrôlée par
un des gènes de cette famille. Chez arabidopsis, on observe une variabilité naturelle
: les bords des feuilles sont plus ou moins découpés selon le
patrimoine génétique de la plante sauvage. Les chercheurs ont émis
l’hypothèse que certains de ces régulateurs pourraient
jouer un rôle dans la formation des folioles chez les plantes composée.
L’étude
comparative du développement de la feuille chez quatre plantes à feuilles
composées de folioles : l’ancolie (Renonculacée),
la tomate (Solanée), la cardamine (Brassicacée ou
crucifère) et le pois (Fabacée) a montré que
les gènes NAM/CUC3 contrôlaient la formation
des folioles et des dents.
La distance évolutive de ces 4 plantes et l’ensemble des résultats
obtenus permettent de construire un modèle général de
la formation des folioles et des indentations plus ou moins marquées
des feuilles : les facteurs de transcription codés par les gènes NAM/CUC3 ralentissent
la croissance dans les domaines frontières sur le bord de la feuille,
provoquant l’apparition des indentations du limbe foliaire. Ils activent
en revanche la formation des folioles voisines et y induisent des facteurs
alors capables d’activer à leur tour l’expression des gènes NAM/CUC3,
mettant ainsi en évidence une boucle d’auto-activation nécessaire à l’établissement
du nouveau tissu. Ce mécanisme pourrait aussi réguler la formation
des ébauches foliaires et florales au sommet de la tige. Un mécanisme
comparable existe chez l’animal lors de la formation du cerveau ou de
l’aile chez la mouche.
(*) Thomas Blein
et al. (2008) A conserved molecular framework for compound leaf
development. Science 322 (5908), 1835 - 1839 (PubMed)
(Abstract | Full
Text | PDF)
Contact : Patrick
Laufs
19 décembre 2008
Loïc Lepiniec a reçu le
prix de l’Académie des sciences en biologie végétale
en récompense de ses travaux de recherche dans le domaine de
la biologie intégrative
Directeur
de recherche à l’Inra au laboratoire
de Biologie des semences de l’IJPB et chef du département Biologie
végétale, Loïc Lepiniec a été honoré le
25 novembre 2008 par le prix Octave Mirbeau et Valentine Allorge.
Ce prix de biologie végétale de l’Académie
des sciences décerné tous les quatre ans vient
récompenser ses travaux menés depuis 1996 sur le
déterminisme génétique et moléculaire
de la qualité des graines chez la plante modèle
Arabidopsis thaliana.
Comprendre le déterminisme génétique et les mécanismes
moléculaires qui contrôlent le développement et la physiologie
des graines représente un objectif stratégique dans un contexte
de développement d’une agriculture durable dans lequel l’amélioration
génétique de la qualité des graines est un élément
important. L’étude de la biologie des graines doit permettre d’une
part de fournir des marqueurs pour évaluer la qualité des graines
et, d’autre part, des outils pour l’amélioration des plantes,
que ce soit par sélection classique ou biotechnologique. L'ensemble
de ses travaux participent à une meilleure compréhension du fonctionnement
de la graine et permet d'envisager de le modifier grâce au développement
de ces outils. Il a aussi contribué à des
avancées méthodologiques en génomique, en collaboration
avec Georges Pelletier de la Station
de Génétique et amélioration
des plantes de l’ IJPB et
Michel Caboche de l’unité de
Génomique
végétale INRA d’Evry, qui ont un impact international
important.
Au
cours de ces années, Loïc Lepiniec et son équipe ont identifié et
caractérisé la fonction de nombreux gènes impliqués
dans la régulation du développement et du métabolisme
de la graine, en particulier, des gènes codant pour des régulateurs
de l’expression des gènes et des protéines impliqués
dans la régulation de la biosynthèse d’huile et de flavonoïdes.
Ces gènes sont actuellement étudiés chez la plante modèle
Arabidopsis thaliana ou des espèces cultivées comme le colza,
le maïs, la pomme, la vigne, la fraise, la tomate ou le riz par la communauté scientifique
internationale. Il a été le coordinateur de plusieurs projets
internationaux dont le projet européen FLAVO (2004-2008) concernant
des aspects fondamentaux de recherche, et aussi la qualité des aliments,
la nutrition et la santé humaine. Les flavonoïdes sont des composés
phénoliques réputés pour contribuer à prévenir
les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Loïc Lepiniec développe
désormais de nouvelles approches biologiques plus intégratives,
comme l'étude de réseaux de régulations de l'expression
des gènes.
Une cinquantaine de publications scientifiques dans des revues internationales
et quatre brevets sont à son actif.
décembre 2008
Découverte du rôle d'une nouvelle hormone
végétale dans la ramification des plantes
L'équipe
de Catherine Rameau vient
d’identifier
une nouvelle hormone végétale, dont l’action empêche
la ramification de la plante. Moins d’une dizaine d’hormones
contrôlant le développement des plantes dans leur environnement
ont été décrites à ce jour. Ce travail
a été publié dans la revue Nature du
11 septembre 2008 (*) en collaboration avec une équipe de l'Université
de Toulouse.
Il y a une dizaine d’années, l'équipe de C. Rameau, en collaboration
avec
celle de C. Beveridge (Université du
Queensland, Australie) avait montré qu’un signal mobile, différent
des hormones déjà identifiées, inhibait la ramification
de la plante en réprimant le démarrage des bourgeons situés à l’aisselle
des feuilles. Ce signal a aujourd’hui été identifié comme
une nouvelle hormone faisant partie de la famille des strigolactones.
C'est en utilisant des plantes mutantes hyper-ramifiées, qui
ne produisent pas de strigolactones, que les chercheurs ont aujourd'hui
compris leur action sur l’architecture des plantes.
Les strigolactones présentent les caractéristiques communes
aux hormones végétales : elles ont une action très
ciblée, sont actives à très faibles concentrations
et peuvent être transportées dans la plante sur de longues
distances. Cette famille de molécules étaient déjà connues
pour être produites par les racines des plantes et exsudées
dans la rhizosphère afin d’"attirer" des champignons
et de mettre en place des symbioses endomycorhiziennes. Ces symbioses
entre les plantes et des champignons, très anciennes, ont participé à la
colonisation du milieu terrestre et permettent un maintien de la productivité des
plantes en conditions limitantes. Les strigolactones sont aussi impliquées
dans l’induction de la germination de graines de plantes parasites
(Striga, Orobanche), plantes qui induisent de plus en plus de dégâts
dans nos régions (orobanche rameuse du colza notamment).
La découverte que les strigolactones contrôlent la ramification
des tiges va pouvoir servir de base à des applications en horticulture,
foresterie et en agriculture où l’architecture de la plante
et notamment son degré de ramification est une composante majeure
du rendement et de la qualité de la production. Il est ainsi
possible d’envisager d’utiliser ces composés naturels
sur les cultures pour modifier l’architecture des plantes. En
effet, et contrairement aux autres hormones végétales,
l’application de strigolactones sur les parties aériennes
des plantes ne touche que leur ramification sans perturber le reste
de leur développement.
(*) Gomez-Roldan et al. (2008).
Strigolactone inhibition of shoot branching. Nature 455,
189-194 (PubMed)
(First
paragraph | Full
Text | PDF)
contact : Catherine Rameau
septembre 2008
Georges Pelletier a organisé le
Colloque « Images de la génétique et de l’amélioration
des plantes » le 25 mars 2008 à l’occasion de
sa remise des insignes de la Légion d’honneur à l’INRA
de Versailles
Cette
cérémonie à l’initiative de l’INRA
honore un chercheur d’exception dont les travaux précurseurs
dans le domaine de l’amélioration des plantes ont eu un
impact scientifique de premier ordre (obtention de plantes haploïdes,
mise au point de la technique de transgénèse, développement
des recherches sur la plante modèle Arabidopsis thaliana
(arabette des dames)). Ce colloque a retracé quelques avancées
majeures au cours des dernières années de la génétique
végétale et de ses applications en amélioration
des plantes (programme).
Georges Pelletier nous a évoqué en introduction l’histoire
de ce domaine scientifique. Guy Riba, directeur général
délégué INRA chargé des programmes, du dispositif
et de l'évaluation scientifiques, a ouvert la cérémonie.
Il a souligné le rôle essentiel de Georges Pelletier dans
l’acquisition de nouveaux savoirs et l’impact économique
de ses travaux scientifiques (hybrides de colzas, choux, asperges haploïdes…).
La cérémonie s’est clôturée avec la
remise des insignes de la Légion d’honneur par Jean-Claude
Mounolou de l’Académie d’Agriculture de France (voir
le film).
Georges Pelletier est Directeur de recherche émérite de la Station de
Génétique et Amélioration des Plantes et Directeur du
Comité Exécutif Génoplante.
De nombreux prix ont récompensé ses travaux : le prix Jean
Dufrenoy de l’Académie d’Agriculture de France (1986), le
prix Doistaut-Blutet de l’Académie des Sciences (1989), le prix
de l’amitié de la Grande Muraille (Municipalité de Beijing,
2001) et il est le premier Laurier de la recherche
agronomique INRA (2006).
Georges Pelletier est aussi membre
de l'Académie des sciences (2004), membre de l’Académie
d’Agriculture de France (2004) et chevalier de l’Ordre National
du Mérite (1992).
(juin 2008)
Colloque
FLAVO 2008:
Flavonoïdes, Nutrition et Santé Humaine
19 Juin 2008, INRA-IJPB, Versailles, France
Inscription
gratuite (L’inscription en ligne est obligatoire due à
un nombre limité de places et ouverte jusqu’au 12 Juin.)
PROGRAMME
:
Ce
colloque portera sur les résultats obtenus par FLAVO et l’intérêt
de l’utilisation des flavonoïdes pour développer des
aliments fonctionnels. Il présentera notamment :
• Les avancées en recherche agronomique sur le choix des
cultures végétales, les techniques et les procédés
innovants pour une production optimale des aliments fonctionnels
• Les études sur les qualités nutritionnelles et
les impacts de ces aliments sur la santé humaine
• Les applications industrielles
• Les études portant sur les attentes des consommateurs,
l’acceptation de nouveaux aliments dérivés et la
faisabilité économique de ces produits
Ces
thématiques seront structurées en 4 axes:
1. Santé humaine et Nutrition
2. Qualité des aliments
3. Biosynthèse des Flavonoïdes
4. Aspects Socio-Economiques
Ce
colloque est destiné à tous les acteurs de la filière
agro-alimentaire, des chercheurs aux consommateurs, en passant par les
organismes institutionnels, les organisations interprofessionnelles,
les industries agro-alimentaires, les organisations de consommateurs
et la presse.
Toutes
les informations nécessaires seront disponibles sur le site du
Colloque FLAVO 2008 (https://colloque.inra.fr/flavoworkshop2008):
• Bulletin d’inscription
• Programme détaillé
• Plan d’accès à l’INRA-IJPB Versailles
COMITE
D’ORGANISATION:
•
Arnaud Bovy (PRI, Wageningen, Pays-Bas)
• Véronique Cheynier (INRA, Montpellier, France)
• Paul Kroon (IFR, Norwich, Royaume Uni)
• Liisa Lähteenmäki (VTT, Espoo, Finlande)
• Loïc Lepiniec (INRA-IJPB, Versailles, France)
INFORMATION
SUR LE PROJET FLAVO:
•
Information sur le projet FLAVO (http://flavo.vtt.fi
et http://www.flavo.info)
• Brochures FLAVO 2005
et 2007.
Ce
colloque est soutenu par le Conseil Régional de l’Ile de
France, l’INRA, et la CE
.




(février
2008)
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